Territoire du projet

Approche topographique

Carte topographique: source Géoportail. Le périmètre du Triangle de Gonesse est indiqué dans son contour comme repère géographique. Quel territoire définir autour du Triangle ?

La carte topographique nous fournit de précieuses informations. Le triangle de Gonesse constitue la pointe méridionale d’un plateau (vert soutenu) situé plus au Nord; l’extrémité en quelque sorte du plateau picard. La rivière, le Croult, qui passe à Gonesse est une échancrure dans ce plateau et elle rejoint la Seine vers Saint-Denis. Plus au sud une vaste dépression où passe le canal Saint-Dénis et le canal de l’Ourcq. Cette « dépression » est en grande partie urbanisée.

En vert-jaune, les vallées de la Seine, de la Marne et de l’Oise, ainsi que quelques affluents… La couleur se rehausse vers le vert plus soutenu sur les plateaux; les hauteurs les plus prononcées sont représentées en brun.

Le triangle de Gonesse dont le contour est dessiné se situe au sud du plateau du «Pays de France», incliné en pente douce vers le Sud, et abritant une riche nappe phréatique qui alimente en eau les communes situées au Sud: le Blanc Mesnil, Aulnay sous bois, etc.

Approche « paysagère »

Carte des « Unités paysagères »: source IAU-IdF. Le rectangle éclairci correspond au périmètre de la carte topographique ci-dessus.

La carte de l’IAU-IdF ci-contre indique les grandes «unités paysagères» de l’Ile de France (appelées ailleurs «Pays»), qu’elle définit « …comme les unités élémentaires du découpage d’un territoire au regard de sa géomorphologie, des éléments naturels ou construits qu’elle porte, des activités qui s’y déroulent et des relations qui s’y instaurent.« 

Ce qui est recherché ici est non seulement des unités mais aussi des entités, c’est-à-dire des unités dotées d’une identité. Une unité paysagère tire son identité de ses paysages, au sens le plus large du terme». Le triangle de Gonesse appartient au «Pays de France» (marron clair).

Observations historiques

Carte des franges de l’agglomération parisienne, à la limite du « Pays de France ». En rouge les limites des communes qui nous intéressent particulièrement; l’agriculture y est encore présente.

L’histoire agricole de ce territoire est très riche et très ancienne (voir la page CARMA Gonesse > Histoire du territoire). L’agriculture y était beaucoup plus diversifiée et l’élevage encore présent. Nous vous en donnons quelques exemples ci-dessous :

Gonesse: blé, meunerie, pain…

Groslay: vignes + maraichage, puis arboriculture (poiriers, pommiers…). Groslay abrite encore 5 exploitants agricoles (arboriculteurs) qui cultivent plus au Nord: Saint Brice, Ezanville, Moisselles, Attainville…

Sarcelles: vignes et arbres fruitiers (18ème, 19ème siècle… phylloxéra en 1879), légumes (années 1930) = petits pois, choux fleurs… Récolte de légumes envoyée vers les halles de Paris par wagons…

Villiers le Bel: premier fournisseur de salades de Paris en 1820…

Saint Brice sous forêt: terres maraîchères (jusque 1930), puis arboriculture (poiriers) + activité maraichère : choux-fleurs, petits pois, fraises. Le chemin de fer va révolutionner la vie du village : les Parisiens viennent de plus en plus nombreux passer le dimanche à la campagne et les cultivateurs ont de nouvelles possibilités pour expédier leurs fruits et légumes. En 1907, la seule gare de Sarcelles-Saint~Brice expédie 140 wagons de poireaux par mois dans les centres du Nord (Lille, Roubaix, Valenciennes, Cambrai…)

Goussainville: en 1870, les Prussiens détruisent une distillerie… En 1905 ouverture d’une sucrerie (Beghin Say) qui durera 80 ans… Anciennes cressonnières (et cultures maraichères) grâce aux eaux du Croult.

Domont: bucherons et paysans depuis le Moyen-Age… 1877, plantation de vergers (« Domont-les-poires »)

Montmorency: vignes au Moyen-Age, vignes+fruitiers+céréales au 16ème siècle (2 moulins à vent), 17ème… fameuses cerises (cf. Madame de Sévigné),

Montlignon: pépiniériste au 18ème siècle (les derniers pépiniéristes cessent leur activité en 1990), vergers au pied de la forêt

Bessancourt: moulin à vent, fours à pain et pressoirs au Moyen-Age, 132 hectares de vignobles au 18ème siècle.

Coubron: cultures, vigne (actuelle)

Courtry: cultures, maraichage (actuellement)

L’ « industrialisation » progressive de l’agriculture après guerre a entrainé un regroupement des parcelles agricoles et une simplification des paysages : arrachage des haies et des arbres notamment. Il ne reste plus, à quelques exceptions près, que de grandes cultures de céréales ou d’oléagineux (et quelques betteraves). L’agriculture « urbaine », qui nourrit la ville, a quasiment disparue.

Définition du territoire de CARMA Pays de France

Carte du périmètre de CARMA « Pays de France » (à ce stade de l’étude)

LE TERRITOIRE DE CARMA PAYS DE FRANCE AINSI DEFINI CONCERNE L’ESPACE RURAL ET LA FRANGE URBAINE QUI LE BORDE.

Le territoire de CARMA Pays de France est délibérément situé sur la frange urbaine, à cheval entre les espaces bâtis périphériques et les terres agricoles que nous souhaitons protéger drastiquement, puis faire évoluer pour nourrir la ville.

Les espaces bâtis des communes périphériques ont donc un rôle essentiel à jouer, en accueillant des lieux de formation, de recherche, de transformations et de distribution des produits alimentaires. En quelques sorte elles sortent de l’unique « tropisme parisien » et redécouvrent leur frange agricole, comme une véritable richesse pour leur développement économique.