Formation et Recherche

La transformation écologique et économique du territoire doit se faire en priorité avec les habitants des communes concernées. Aussi bien dans l’évolution des pratiques agricoles que dans le développement des nouveaux métiers de transformation des produits ou de recyclage des déchets, le projet CARMA s’appuie sur la mise en place de centres de formations et de recherche appliquée. C’est une condition pour la réussite du projet et pour l’implication des populations locales.

La recherche

Le projet CARMA n’entend pas faire de recherche fondamentale, mais installer une structure de diffusion des connaissances issues des centres de recherche auprès des agriculteurs et des transformateurs .

CARMA n’entend pas se substituer à des organismes de recherche en matière agronomique qui existent déjà en France: INRA, AgroParisTech, le CIRAD, etc. Il s’appuiera sur leurs compétences.

Il reste à développer un centre de recherche localisé sur le territoire, spécialisé dans les problématiques de l’agriculture péri-urbaine, et capable de mettre au service des agriculteurs les connaissances développées dans les centres de recherche. Nous projetons de créer pour l’Ile de France et la Métropole du Grand Paris un CRITT (Centre de Recherche, d’Innovation et de Transfert de Technologies) dans le domaine de l’Agro-écologie, avec un focus particulier sur les agricultures péri-urbaines et urbaines. 

Ce CRITT serait une « plateforme d’innovation » au sens du Ministère de l’Agriculture; les « plateformes d’innovation » sont expérimentées depuis une dizaine d’années pour mettre en réseau et susciter des partenariats entre les agriculteurs, les acteurs du développement, les chercheurs et les entreprises (agrochimie, agro-alimentaire).

Le CRITT : ses objectifs

La structure sera animée conjointement par des chercheurs et des praticiens de l’agro-écologie, en relation contractuelle avec une série d’institutions de recherche et de formation supérieure et permanente de tous les secteurs.

Les principales fonctions assurées seront les suivantes :

  1. Encourager, appuyer et faciliter les processus d’innovation des habitants;
  2. Faciliter les apprentissages à tous les niveaux, en promouvant le partage d’informations par divers moyens, la production de connaissances et créer un environnement favorable à l’innovation;
  3. Assurer une veille scientifique dans les divers domaines de l’agro-écologie, pour en transmettre l’information aux acteurs du territoire;
  4. Organiser l’accueil de chercheurs français et étrangers, notamment issus des pays en développement.

Nous ajouterons une dimension supplémentaire à cette démarche: fédérer au moins au niveau du Grand Roissy, le cas échéant au niveau régional; cela se fera par la constitution d’un Pôle Territorial de Coopération Economique (PTCE) pour l’agriculture biologique adjacent au CRITT, ainsi que par celle d’un « Système Alimentaire Territorial » pour travailler sur les relations productions-distributions pour aboutir à une qualité alimentaire plus saine et répondant aux objectifs du développement durable.

Le CRITT : son déploiement

Le CRITT étant un organisme de recherche appliquée, il a pour vocation d’aider le développement économique du territoire qui manque cruellement aujourd’hui de diversification (voir la page précédente Domaines d’action de CARMA > Emploi).

L’opportunité de valoriser le génie agricole passerait par la participation des maraîchers, agriculteurs ou paysans installés pour qu’ils soient les moteurs de cette recherche active. N’est-ce pas leur intérêt fondamental pour mieux produire ?

Nous pouvons même envisager, comme dans les expériences similaires menées en Ile-de-France et en Picardie, d’y associer les citoyens.

Le CRITT : son implantation

L’implantation du CRITT fait aujourd’hui figure de proposition: il s’agirait de l’implanter sur la partie déjà urbanisée du territoire, de préférence en lisière des terres agricoles. Etant donné le réseau d’échanges que nous souhaitons mettre en place, avec les acteurs locaux mais aussi étrangers, une implantation sur l’ancienne friche PSA d’Aulnay sous Bois nous parait réunir de nombreux avantages:

  • proximité immédiate du Triangle de Gonesse, premier lieu du développement de CARMA;
  • territoire déjà urbanisé et désaffecté, ne sacrifiant pas de nouvelles terres agricoles;
  • proximité des transports en commun et des aéroports pour les échanges avec l’étranger. Le lien est aussi facilité avec les centres de recherche nationaux.

La formation

Bande annonce du film « Le champ des possibles » projeté au  festival « ALIMENTERRE » / Devenir paysan ?

CARMA souhaite développer sur le territoire l’éducation informelle et la formation tout au long de la vie. Des politiques éducatives émanant du territoire mobiliseront les différents acteurs éducatifs dans une complémentarité entre l’éducation formelle (l’école, l’université, l’institut) et non formelle (champ des loisirs socioculturels ou sportifs, des médiathèques, des conservatoires, des expériences de terrain…).

Les multiples facteurs d’entraide – besoin de mieux vivre, résurgence de savoir-faire anciens, amour du terroir, observation du paysage et de la nature…., sont autant de points d’appui pour une éducation informelle de qualité.

Ces politiques doivent être à destination de différents types de publics : 

  • Les agriculteurs du territoire soucieux de faire évoluer leurs méthodes de production dans un cadre viable
  • Les personnes désireuses de se former aux divers métiers de la transition écologique, et en particulier ceux liés à notre processus d’économie circulaire et à l’alimentation saine et durable
  • Les habitants du Grand Roissy autour des thématiques de la santé et de la qualité alimentaire
  • Les scolaires à propos de la transition écologique

Ferme école bio à Victoriaville (Canada)

En dehors des établissements scolaires et de formation professionnelle existants situés sur le territoire ou à proximité, dont certains peuvent être intéressés à participer à la démarche, on peut signaler déjà des partenariats possibles d’ores et déjà identifiés par les membres du groupement CARMA : 

1.  Les champs des possibles », au sein du réseau RENETA, pratique des formations en direction de divers publics et notamment de ceux qui veulent se reconvertir professionnellement. A signaler la ferme de Toussacq, lieu test des Champs des Possibles, en Seine-et-Marne (77).

Film de présentation des « Champs des Possibles »

2. L’agglomération Plaine Commune et Bernard Stiegler, philosophe, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou, ont lancé la démarche de « Territoire apprenant numérique » dans le but d’anticiper les transformations liées aux nouvelles technologies sur les questions relatives à l’avenir du travail, de l’économie contributive, de l’urbanisation, de l’éducation et de la recherche. Le monde rural et l’agro-écologie ont déjà été identifiés comme des leviers possibles de l’apprentissage. 

3. L’université Paris 13 et l’association « les fermiers de la Francilienne » ont monté une ferme universitaire qui a pour mission d’accompagner les jeunes et les habitants sur les activités de la ferme située à Villetaneuse afin de favoriser du lien social et intergénérationnel en encourageant la capacité d’initiative pour un développement dynamique de quartiers.

4. D’autres établissements à Cergy Pontoise ou en Seine et Marne (comme le CFA de Brie Comte  Robert) pourraient également tenir un rôle dans un projet éducatif global. 

 

Le groupement CARMA explore aussi la faisabilité d’une Université populaire sur les questions de l’agriculture et de l’alimentation en s’inspirant  des conférences agri-culturelles de l’Université Populaire et Buissonnière de l’association RISOMES de Bourgogne, et de ce qui a été réalisé à Niort, à Angers et, plus près de nous, à Antony

Un Projet éducatif local pourrait donner un cadre permettant de concrétiser une telle dynamique globale.